Un rayon de lune, une sonate, une feuille morte, les cris des blessés... des vies, des morts. Voilà à quoi pourrait ce résumer ce chef d'œuvre que nous livre Gus Van Sant. Un film résolument étrange, figé dans un monde parallèle, atemporelle, arythmique... Les scènes se mélangent, sans suite, s'entrecoupent, dansent ensembles, et finissent par former un tout plein de beauté et d'horreur. Un premier baiser avant de mourir ? il sera aussi le dernier. Acte de folie pure, sacralisation des névroses d'une génération perdue et d'un pays à la dérive. A partir d'une histoire trop vrai aux états unis (les fusillades dans les lycées), Gus Van nous offre de quoi nous laisser bercer par le roulement des images, des couleurs, du clair de Lune de Beethoven et du bruit des armes.
De l'art, qui prend au tripes, tout simplement.